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Champignons, bactéries et vers de terre nourrissent naturellement nos sols

Agroécologie
Comprendre et optimiser le fonctionnement naturel des sols, des plantes et des animaux pour une agriculture plus durable, voici le fondement de l’agroécologie. Une vingtaine d’agriculteurs en Rhône Alpes sont accompagnés pour adopter cette approche dans leur quotidien.

L’agroécologie, c’est se recentrer sur le fonctionnement du sol, le nourrir et préserver les microorganismes : champignons, bactéries, vers de terre. Le sol produit ainsi seul les nutriments dont les plantes ont besoin pour éviter d’apporter des produits chimiques. « Nous misons sur la nature pour que le système agricole se régule de lui-même. L’agroécologie remet la nature au cœur de l’agriculture », explique Alice Auricombe, coordinatrice de projets pour le Centre de Développement de l’Agroécologie (CDA). Entreprise de conseil et développement agricole, le CDA anime des collectifs d’agriculteurs souhaitant changer leurs pratiques agricoles. Le CDA aide concrètement plus de 200 agriculteurs chaque année en France à travailler la terre de manière plus durable, en limitant au maximum les intrants chimiques.

Nous misons sur la nature pour que le système agricole se régule de lui-même. L’agroécologie remet la nature au cœur de l’agriculture.

Elior soutient cette approche de l’agriculture, en participant au financement du projet de la Bulle Verte. Programme de protection des eaux de la source Badoit à Saint Galmier en Auvergne-Rhône-Alpes, la Bulle Verte réunit une vingtaine d’agriculteurs et éleveurs autour de la source. « Notre objectif est de réduire l’utilisation des intrants chimiques car ils ont des effets négatifs sur la qualité de l’eau et sur la biodiversité », explique Alice. Pendant sept années, le CDA accompagne ces agriculteurs volontaires à suivre des formations et à tester des solutions concrètes pour améliorer leurs pratiques sur le long terme. Par exemple, l’utilisation du thé de compost pour booster une prairie. « Lorsque le compost macère, on récupère ensuite un jus contenant des champignons et des bactéries, qui vont permettre au sol de produire des nutriments pour les plantes » Ce jus est épandu sur une prairie pour qu’elle pousse mieux et soit plus productive. C’est donc un intrant biologique qui permet aux prairies de mieux résister au réchauffement climatique pour que les agriculteurs puissent faire pâturer leurs troupeaux plus longtemps. Autre solution testée : semer un mélange de céréales dans une prairie pour augmenter son rendement sans chimie et sans travail du sol. Soit les vaches pâturent la prairie, soit les céréales peuvent être récoltées pour être données plus tard aux animaux, et cela permet de rendre la prairie plus productive.

Notre objectif est de réduire l’utilisation des intrants chimiques car ils ont des effets négatifs sur la qualité de l’eau et sur la biodiversité.

Ludovic Angénieux est éleveur à Chambœuf et il est impliqué dans le projet de la Bulle Verte. Durant trois années, il a testé l’arrêt du labour dans certaines de ses parcelles avant de semer le maïs. L’agroécologie implique en effet une réduction du travail du sol, car celui-ci dégrade la qualité et le fonctionnement des microorganismes. Ludovic explique : « je regade sur le long terme. Il faut attendre que le sol se refasse naturellement, que la vie du sol revienne ». Après plusieurs années de suite sans labour sur une même parcelle, le sol et son microbiote se sont adaptés. Ludovic est satisfait de cet essai car l’érosion de son sol a nettement diminué sur cette parcelle. Alice complète : «  le sol doit être fertile, vivant, avec des vers de terre notamment, pour que les plantes puissent pousser sans l’aide de produits chimiques ».

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